Attention l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.
Consommés avec modération, les crus tanniques du Val d’Adour présentent des vertus thérapeutiques placées au cœur du symposium « Vin et Santé » qui se déroule à Pau
Théoricien du « French Paradox », le chercheur Serge Renaud avait émis l’hypothèse, à l’aube des années 1990,
que l’usage modéré du vin (à table s’entend et non hors du repas) profitait à la santé de l’homme.
Quinze ans plus tard, le Britannique Roger Corder, professeur de thérapeutique expérimentale au
« William Harvey Research Institute Queen Mary » de l’Université de Londres, creuse le sillon et décrète que
les rouges de Sardaigne, et surtout du Sud-Ouest français (ceux du Vic-Bilh en particulier) riches en procyanidines
polymères, auraient des effets extrêmement positifs sur le système cardiovasculaire.
Diplômé d’endocrinologie et spécialiste de la régulation hormonale des fonctions vasculaires, Roger Corder,
qui décortique depuis cinq ans, les propriétés du tannat contenu dans le Madiran et le Saint-Mont, a livré ses
conclusions en novembre 2006 dans la revue américaine « Nature ».
Début 2007, il a également publié un ouvrage « Wine Diete », reprenant les grandes lignes de son étude qui a fait
florès dans la presse anglo-saxonne friande de toute information liée à la longévité de la vie.
Vivre plus vieux en buvant du rouge ? Ce que les vignerons n’auraient osé affirmer par crainte de passer pour de méchants
pousse-au-crime, les chercheurs le proclament avec toute la rigueur de leur statut. Ils placent même le sujet au centre
d’un colloque hautement scientifique à Pau, au Palais des congrès, sous le titre « Vin et Santé ».
Une centaine de professionnels de la médecine et d’experts s’y retrouvent en provenance de l’Europe entière.
L’ami des vaisseaux
« Roger Corder est venu nous voir au début de l’année. Il nous a dit que les procyanidines appartenaient à la grande famille des
anti-oxydants. On les trouve dans le tannat qui constitue la base de notre encépagement » résume Lise Mannevy, chargée des
relations publiques du symposium dont la date coïncide avec la célébration du centenaire des vins de Madiran et le quart de siècle de l’appellation Saint-Mont.
Très typé, le tannat confère au vin sa charpente et son originalité. Sur les 1.400 hectares du madiran, il en couvre 780. Peu vulnérable, il ne craint ni les intempéries
ni la sécheresse. Prodigue en jus et en alcool, fort en couleur et en arômes qui atteindront la plénitude au faîte de la maturation, il protège le cœur et les vaisseaux.
La manière de travailler la vigne, dans le respect de la tradition comme s’astreignent à le faire les viticulteurs du terroir béarno-gascon, renforce ses principes actifs.
Un verre suffit
« La procyanidine est tellement efficace que boire un seul verre de vin par jour suffit à produire ses effets »
indique le professeur Corder dans l’un de ses articles. Elle serait, dit-on, cinquante fois plus puissante que la vitamine E
et vingt fois plus efficiente que la vitamine C. La molécule renforcerait l’influence bienfaitrice du resvératrol entrant,
lui aussi, dans la composition des rouges du Sud-Ouest et dont les recherches, pour l’instant réduites aux animaux, démontreraient
les qualités de fluidifiant sanguin, d’anti-cholestérol, anti-cancer et anti-inflammatoire.
Renée Mourgues
La République des Pyrénées du lundi 30 avril 2007