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Madiran et Pacherenc, crus des Pyrénées de 20 viticulteurs de Madiran et diffusés par les travailleurs handicapés de l’ESAT de Madiran

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Connaître le Madiran

Un peu d'histoire sur le vignoble de Madiran

LE MADIRAN

Le vignoble de Madiran (du village du même nom) est classé AOC depuis 1948. Sa zone de production chevauche trois départements : le Gers, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques et se situe au coeur d'un triangle PAU, AIRE SUR ADOUR, TARBES.

carte du vignoble de madiran

Contrairement à certaines légendes, le vignoble de Madiran n'a pas été créé par des bourguignons. Il est toutefois très ancien. À l'époque gallo-romaine, les vignes sont très présentes et le vin également, comme en témoignent les vestiges locaux de l'époque, notamment la mosaïque de Taron qui représente une vigne. Le commerce du vin est également florissant mais demeure surtout local.

La véritable structuration du vignoble débute avec la fondation du monastère de Madiran en 1030. Des moines de l'abbaye de Marcilhac-sur-Célé (Lot) s'installent et dédient un monastère à Marie.

Très vite, la renommée du vin de Madiran sera assurée par les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle empruntant la voie Aire-sur-l'Adour-Lescar, passant par Saint-Mont et Madiran. Il est donc devenu naturellement un vin des pèlerins et un vin de messe.

La légende veut que l'occupation du Béarn par le Prince Noir, qui devint en 1360 le Prince d'Aquitaine, permît aux Anglais de découvrir le vin de Madiran.

Certains le croient alors largement exporté en Angleterre, mais il semble qu'il ait en réalité plutôt été l'objet d'un commerce intense avec les vallées pyrénéennes.

Les crises du XVIIIe siècle et du XIXe siècle vont freiner son essor. Le phylloxera, maladie due à des pucerons parasites qui mangent les racines des vignes, est apparue et a entraîné la quasi disparition du vignoble. Heureusement, les vignerons replantent, sélectionnent les meilleurs terrains et se regroupent en un syndicat en 1906 et obtiennent, à force de travail et de volonté, la première délimitation du terroir Madiran en 1907.

Le 10 juillet 1948, leurs efforts sont récompensés : les vins de Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh accèdent au rang des AOC (Appellation d’Origine Contrôlée). Et ce, grâce à Bernard Nabonne, éminent écrivain de la région et également président du syndicat des viticulteurs. Ils sont les premiers en France à s'imposer le contrôle de la qualité, par la délivrance d'un label (après analyse, dégustation et un vieillissement à l'époque de trente trois mois).

LE PACHERENC

Le vignoble est situé sur la même aire que le Madiran dans les départements des Hautes-Pyrénées, du Gers et des Pyrénées-Atlantiques.

Le nom même de l'appellation est assez récent, puisqu'il y a une cinquantaine d'années, on parlait parfois de vin de Portet (du nom d'un village voisin de Viella). Lors des Comices agricoles de Garlin en 1928, le stand s'intitulait "Pachereng des coteaux de Portet"(sic). Une des premières étiquettes à parler de pacherenc est celle du clos La Perle en 1932. Paul de Cassagnac a écrit que les saveurs de ce vin se livrent sans détour "comme les vierges béarnaises".

Le terme "pacherenc" est dérivé du gascon, et signifie "piquets en rang". En fait, l'appellation au complet signifie littéralement : “piquets en rang du vieux pays”.

C'est la création de l'appellation contrôlée en 1948 à l'initiative du Docteur Doléris qui labellisera ce terme. Le pacherenc n'a réellement progressé qu'après 1980. Ce développement est le fruit de l'implication de tous les acteurs, coopératives et vignerons indépendants.

L'arrière-saison très ensoleillée, permet en effet de vendanger tard à pleine maturité (première quinzaine d'octobre pour le Madiran et jusque fin novembre, voire au-delà pour les pacherencs moelleux). L'histoire ne date pas d'hier. Un édit de 1745 interdisait déjà de récolter le pacherenc, avant le 4 novembre. La vendange s'effectuait durant l'été de la Saint-Martin pour prendre fin le 15 novembre, jour de la Saint-Albert et de la foire de Viella. Le liquoreux des vignes vendangées tardivement (de la Saint-Albert au 15 novembre, ou de la Saint-Sylvestre) est fabriqué à partir de raisins passerillés (raisins blettis par le froid et le soleil où se concentrent les sucres mais où l'équilibre du fruit perdure, et notamment l'acidité, contrairement aux sauternes). Les vignes réservées pour ce cru tardif (quatre à cinq hectares) sont protégées des oiseaux par des filets. Les raisins sont très dorés et très sucrés. Certaines années, le raisin peut titrer jusqu'à 19 degrés d'alcool naturel. Une fois vinifié, on obtiendra un vin liquoreux aux arômes mélangés d'épices, de miel et de fruits exotiques.

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